Thèses et hypothèses


HISTOIRE ET CAUSALITÉ

Aujourd'hui, nous ne sommes plus dans la causalité. Il n'y a plus cette linéarité verticale de l'Histoire, qui part des racines et va vers les branches. Il n'y a plus de causalité directe qui pouvait faire découler les événements qui advenaient de tout un ensemble de faits qui les laissaient prévoir. De nos jours, le degré de prévisibilité des événements s'est beaucoup amoindri, les déterminismes étant beaucoup plus nombreux.

Examinons seulement la situation actuelle : on est coincé entre l'Amérique, l'Europe et l'Islam. Cette situation extrêmement explosive rend difficile d'imaginer ce que l'on sera ne fut-ce que l'année prochaine. En revanche, dans le Québec rural des années trente, la causalité était verticale et beaucoup plus directe : le passé nous poussait vers l'avenir, tout simplement.

Aujourd'hui, des choses co-latérales nous arrivent co-latéralement. L'histoire de l'Islam tout comme celle des païens de Nouvelle-Guinée sont tout à fait contemporaines à la nôtre et l'on peut y avoir accès à travers les documents ethnographiques ou la musique que l'on connaît d'eux. Grâce aux anthropologues, on peut accéder à ce que sont les peuplades de Nouvelle-Guinée aujourd'hui même.

Tout est contemporain. C'est dans ce sens-là que je parle d'horizontalité, de co-latéralité des histoires plutôt que d'une latéralité de l'Histoire. Ce sont des histoires, des mémoires, des projets et non pas une Histoire avec une seule mémoire et un seul projet, comme on pouvait l'imaginer pour la Révolution française et jusqu'à l'effondrement du mur de Berlin. Pour moi, c'est vraiment le moment où c'est devenu impossible de penser autrement.