Thèses et hypothèses


L'HISTOIRE ACTUELLE

L'histoire actuelle est rhizomatique car on peut dire que, d'une certaine manière, plusieurs temporalités sont contemporaines; on ne vit pas tous au même temps en même temps. Il y a une stratification historique dans la synchronie.

Si l'on prend les trente dernières années, on remarque que c'est le moment où les philosophies de l'histoire classique - celle de Hegel ou de Marx - ont commencé à tomber. Cette chute des philosophie accompagne celle du mur de Berlin qui s'annonçait et qui sera effective à la fin des années 1980. C'est pendant cette période-là que se feront sentir avec un certain retard les effets de la Deuxième Guerre mondiale, notamment de la Shoah.

On n'a pas commencé à se poser des questions sur la mémoire immédiatement après la Guerre, mais dans les années 1970-1980. Au moment où l'on commençait à se poser des questions sur l'avenir et les projets de société, on se questionnait sur le passé et la mémoire. C'est pourquoi, pour moi, les trente dernières années sont si importantes. Il y a là une temporalité qui s'est détachée d'une certaine manière de la temporalité classique de l'historicité, telle qu'on l'avait développée et dont on pourrait dire que Hegel est celui qui l'a le plus concrétisée.

Je m'intéresse aux trente dernières années parce qu'elles recèlent toute l'histoire de l'Occident moderne, depuis Descartes et Bacon. J'y analyse les manifestations culturelles en ce qu'elles reflètent les mutations esthésiques, les changements de sensibilité, les changements dans notre rapport au temps et à l'espace, à la mémoire et à l'avenir, etc.