Thèses et hypothèses


« L'auteur ne parle pas tant pour l'autre, mais par l'autre »

 

Il s'incarne dans plusieurs « autres » et non pas seulement dans sa propre personne, sa propre identité sociale et psychologique. Dans la fiction, l'auteur est constamment porté à incarner des expériences, des attitudes, des comportements qui ne sont pas les siens dans des personnages fictifs qui sont, d'une certaine manière, ceux de tout un chacun. Ce n'est pas la vision de l'Autre qu'a le narrateur, mais la vision par l'Autre.

Et cela, sur lui-même aussi. L'écrivain passe souvent par quelqu'un d'autre pour s'observer. Il est donc toujours comme hors de lui. Plutôt que de narcissisme et d'autofiction où tout se ramènerait à son ego, à son je, à son èthos, il s'agit d'altéro-fiction. de donner la place à quelque chose d'autre, qui sans être nécessairement le Soi, traverse le Soi. Ce « quelque chose d'autre » surgit de toutes les expériences qu'il fait de l'altérité : d'autres cultures, d'autres langues, d'autres systèmes de valeurs auxquels il est constamment confronté. Cette idée-là est essentielle pour comprendre le sens de mes travaux.